« Les Pianissimes » à l’Acropolium de Carthage: la splendeur de l’art en mode… Mineurs

Dans chaque enfant, il y’a un Mozart qui sommeille…Il faudrait juste l’éveiller. Et c’est au giron familial de former le premier cercle de la prospection des capacités artistiques et ludiques de leurs petits chérubins. En effet, les parents forment le premier public, les premiers mélomanes, les premiers spectateurs, les premiers fans mais aussi les premiers […]

Dans chaque enfant, il y’a un Mozart qui sommeille…Il faudrait juste l’éveiller. Et c’est au giron familial de former le premier cercle de la prospection des capacités artistiques et ludiques de leurs petits chérubins. En effet, les parents forment le premier public, les premiers mélomanes, les premiers spectateurs, les premiers fans mais aussi les premiers supporters qui soutiennent l’enfant et l’exhortent à franchir les obstacles du trac et de la peur, à faire nourrir sinon murir sa passion, à le pousser à commencer avant de persévérer pour continuer cette longue sonate pour devenir un virtuose.

C’est dans cet esprit qu’est née l’idée d’organiser « Les Pianissimes » que l’Acropolium de Carthage, ou la Cathédrale Saint Louis, ce temple de la musique et de l’art pluriel, a accueilli jeudi soir, où comme des grands, des jeunes enfants pianistes se sont produits sur scène. Dans une première édition, « Ons & Friends » a donné la preuve, selon plusieurs spectateurs parmi l’assistance, d’être une édition assez singulière et spéciale dédiée de prime abord à Ons Ben Romdhane, cette petite pianiste de huit ans, lauréate du troisième prix du concours International ClaviCologne 2017 en Allemagne. Ons Ben Romdhane fut accompagnée par ses amis férus de piano qui, tour à tour, ont montré eux aussi qu’ils sont des enfants prodiges.

Et comme un conte de fées, il fallait une belle cendrillon pour ouvrir le bal. Avec des envolées de son violon, Yasmine Azaiez est venue spécialement témoigner à sa manière de l’importance de donner un coup de pouce à ces petits bouts de chou avant de quitter la scène pour laisser place aux doigts magiques des enfants qui ont ramené leur public dans un voyage multiculturel entre l’Occident et l’Orient avec des morceaux de Mozart, Debussy, Bach, Shumann, Puccini, Prokofiev, Chostakovitch, Francis Lai….mais aussi de Malek Jendali, Fayrouz, Omar Khairat, Derouich…donnant ainsi à savourer la splendeur de l’art en mode Mineurs. Une splendeur dont le mérite revient également à leur professeur de piano, le chevronné Montassar Ben Messaoud qui n’a aménagé aucun effort pour réaliser cette soirée. Une soirée rendue possible également grâce à la générosité de l’association Mashreq’Shams (MS) dont le but essentiel, selon son président Ali Ben Yahia, est de dénicher les talents en herbe, d’accompagner ces jeunes artistes, de les aider à réaliser leurs rêves mais aussi à les encourager à garder l’espoir en partageant leurs passions avec d’autres enfants dans des contrées aussi lointaines qu’isolées. Le tout dans un véritable esprit de partage et de convivialité, car, a-t-il mentionné, il existe surement d’autres enfants doués mais qui sont inconnus ou ne disposent pas assez de moyens pour que leurs talents soient portés à jour comme c’est le cas cette fois pour « Ons & friends ».

« Les Pianissimes » ce n’est pas uniquement Ons Ben Romdhane mais aussi le petit prince de la troupe Iskander Meliani, et le plus âgé entre eux Selim Khamassi (15 ans) lauréat du 3ème Prix Malek Jandali à la Carnegie Hall NY. Et également Malak Mokaddem, et autant d’autres découvertes à savoir Youssef Meliani, Borhedddine Mokaddem, Nour Yeddes, Amira Bouzayen, Farah Ghandri et Eya Ghorbel. Car l’idée est désormais de mettre à chaque édition un enfant candidat sous les projecteurs.

Au grand complet, avec la participation de la chanteuse lyrique, la soprano Chiraz Ben Sadok, ils ont su avec assurance, comment susciter l’admiration d’un public cosmopolite qui a savouré des morceaux comme « Love story » de F. Lai, « Leil » de M. Jandali, « petit nègre » de Debussy, « Prélude » de Bach, « Valse » de Prokofiev, « Ya ana » de Fayrouz ….à l’acropolium de Carthage qui, bourdonnant de bruit et de vie, est devenu pendant une heure de temps, un véritable lieu de révélations et de découvertes qui « méritent, par leur passion qui va droit au coeur, qu’on leur porte une attention sérieuse » balance un spectateur car, murmure-t-il « l’inaction est la mauvaise compagne si on veut aider les jeunes talents débutants à prendre leur envol »…

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