La 53e édition du Festival de Hammamet a été clôturée en toute beauté, le soir du samedi 26 août 2017, avec le grand jazzman tunisien Anouar Brahem.

Le festival nous a fait voyager dans le vaste monde de la musique et du théâtre durant près de deux mois, et le public a vibré aux rythmes de soirées de haute facture artistique. Ce fut en effet une édition exceptionnelle, fidèle à la ligne du festival qui a choisi de mettre la lumière sur […]

Le festival nous a fait voyager dans le vaste monde de la musique et du théâtre durant près de deux mois, et le public a vibré aux rythmes de soirées de haute facture artistique.

Ce fut en effet une édition exceptionnelle, fidèle à la ligne du festival qui a choisi de mettre la lumière sur les musiques du monde, la fusion et l’underground tunisien. Mais il nous a réservé le meilleur pour la fin avec un concert signé Anouar Brahem, venu donner l’avant-première mondiale de son nouveau projet ‘‘Blue Maqams’’.

Un quartet de marque

Anouar Brahem, qui avait présenté son dernier album ‘‘Souvenance’’ à l’ouverture du Festival de Carthage en 2014, est revenu cette année dans un cadre plus intimiste, celui du théâtre plein-air de Hammamet, qui «convient mieux à ce nouveau projet», selon ses dires, puisqu’il a présenté ‘‘Blue Maqams’’ en quartet, et c’est avec de prestigieux invités qu’il a marqué son grand retour avec le public tunisien, réunissant autour de lui le contrebassiste anglais Dave Holland, le batteur américain Nasheet Waits et le pianiste anglais Django Bates, qui se produisaient pour la première fois en Tunisie.

Malgré le prix plutôt élevé des billets (70 DT), le public a répondu présent à l’appel du maître du oud et le concert a affiché complet une semaine à l’avance : il faut dire que les férus de musique jazz sont de plus en plus nombreux en Tunisie. Le ministre des Affaires culturelles, Mohamed Zinelabidine, qui est aussi un virtuose du oud, était également présent

‘Blue Maqams’’ c’est le nom du spectacle mais aussi du nouvel opus d’Anouar Brahem, enregistré en mai dernier au prestigieux studio Avatar à New York, et qui doit sortir en octobre prochain.

Ce soir-là à Hammamet, on a pu découvrir en exclusivité les nouvelles compositions de celui qui a réinventé les mélodies du oud en l’introduisant dans l’univers du jazz.

Le retour en force

Avec chaque nouvel album c’est une nouvelle approche musicale toujours aussi palpitante car Anouar Brahem n’hésite pas à explorer de nouvelles formules et de nouvelles gammes, et ça marche toujours.

La magie de son instrument de prédilection et de ses compositions opère immédiatement sur des mélomanes des quatre coins du monde sensibles à cette musique particulière qui attrape le cœur.

A Hammamet, on avait hâte de retrouver cette magie, et c’est dans un silence religieux que l’on a écouté les blues maqams avec lesquelles Anouar Brahem semble atteindre les sommets de son art.

Cette nouvelle expérimentation prend source comme à l’accoutumé dans les cordes du oud mais se laisse cette fois emporter par la contrebasse, le piano et la batterie, c’est la nouvelle formule sur laquelle s’est construit ce nouvel album qui se veut comme ses précédents libre et expérimental. C’est la formule parfaite pour réunir dans une approche complémentaire et harmonieuse ces quatre instruments sans que le oud ne soit écrasé, il demeure même le maître du jeu. C’est la signature d’Anouar Brahem qui défie les étiquettes et les frontières entre les genres.

Pour conclure le concert en apothéose, Anouar Brahem nous a joué l’une de ses compositions les plus connues ‘‘Halfaouine’’, extraite de son album à fort succès mondial ‘‘Astrakan Café’’ (2000), représenté ce soir-là dans un nouvel arrangement tout aussi exquis.

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